• Georges Hyvernaud - Lettre Anonyme -

     

    L'horreur de l'anonymat est un des traits les plus fortement marqués de la nature humaine. On a besoin d'une signature. Pour les grandes catastrophes, par exemple. Pas possible d'admettre qu'on ne connaît pas l'expéditeur. Alors, on l'appelle Dieu. Ou Hitler, Sta­line. On veut des noms. Pouvoir dire qu'on sait d'où ça vient. Ce qui explique l'histoire, la métaphysique, le journalisme, le café du Commerce et les discours ministériels. Autant de tentatives, de techniques, d'entreprises pour identifier l'envoyeur. Les choses qui arrivent, il faut qu'elles partent de quelqu'un. La méde­cine aussi, c'est un moyen de trouver l'envoyeur. La souffrance toute pure, insupportable. Soulagement dès qu'on est assuré qu'elle vient de la rate, du foie, de la vessie ou du duodénum. Du moment qu'il y a une signature, on pourra toujours s'y faire. Trouver le coupable, le responsable. Se livrer à un jeu quel­conque de précautions, de répliques, mener un dialo­gue, ou du moins craindre - avec un complément d'objet; haïr avec un complément d'objet. Mais ce vide...


    Georges Hyvernaud - Lettre Anonyme -

     

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