• Blandine Solange - "Inoculez moi encore une fois le SIDA et je vous donne le nom de la rose".

     A quoi jouez-vous avec vos patients? Pourquoi ne pas m'avoir fait comprendre que j'avais besoin de repos, de traitement, qu'il fallait que je me calme ?

      Je vous aurais écouté. Vous représentiez tellement l’autorité pour moi, que même psychotique je n'ai pas osé vous toucher malgré mon désir charnel et entêtant. La même scène, tentative de séduction en moins, s'est déroulée avec le docteur Sigrist. Lui m'a lui aussi relâchée en l’état dans la ville. Il s'agit donc d'une méthode de travail.

     Pourriez-vous me l'expliquer ? Pouvez-vous m'expliquer comment vous définissez l’état de manie ? [Si vous vous refusez a employer le mot folie.] Comment définir autrement que par la folie cet état ou toute volonté consciente disparaît, ou la fantaisie, l'imagination, l'inconscient, les rêves régissent et commandent ? Au point de vous pousser a déranger l'ordre public. Qu'est ce que cet état qui pulvérise toute bienséance et qui commande dans un taxi en plein embouteil­lage de brûler mon sexe avec un briquet ? Qu'est-ce que cette force, cette énergie qui m' oblige a courir nue autour d'un autre taxi a l’arrêt sous le palais Longchamp, pariant que personne ne viendrait nous déranger ?

     Ici je rends grâces aux chauffeurs de taxi, qui devant routes mes incohérences, n'ont jamais perdu leur contenance, qui m'ont laissée vivre mon délire pendant que, stoïques, peut-être même avec une réjouissance secrète, ils continuaient a faire leur travail, a savoir me conduire a travers la ville et le paysage. Certains se sont même permis de partager mon délire, comme ce Marseillais de type asiatique aux yeux bleu mers du Sud avec sa Mercedes a 200 km/h entre Aubagne et Cassis, la ou l'autoroute sinue entre la montagne et ou la vitesse est réduite a 90 km/h. Je voulais sentir la puissance de la machine. Bien sur, il est devenu mon amant, bien sur, je lui ai distribue une part de la part de l’héritage familial que j'avais réussi a subtiliser a ma grand-mère, pourtant avare de ses sous, de ses quelques malheureux millions d'anciens francs. Je les vénère pour la spontanéité avec laquelle ils me découvraient leur capot pour m'expliquer la mécanique de leur bijou, sans s'occuper de savoir quel petit vélo, quel APPRENTI DANS LE SOLEIL j'avais dans la tête.

     Oui, pouvez-vous m'expliquer cet état ?

    Blandine Solange- 1957/2000 - Suicidée de la société -

    Blandine Solange - "Inoculez moi encore une fois le SIDA et je vous donne le nom de la rose".

     

     

     

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